Notre corps est une éponge

Notre corps est une éponge

Publié le 08/09/2019

LE YOGA ET LA SANTÉ : Notre corps est une éponge

Selon Patanjali, la plupart des maladies sont dues aux errances mentales. Il nous dit que tout ce qui affecte l’esprit affecte le corps ; que l’instabilité mentale perturbe les fonctions vitales et que si on s’applique à calmer le mental, les troubles tendent à disparaître. 

Dans le livre 1er à partir du sutra 1.31, Patanjali énumère les symptômes qui accompagnent la dispersion de notre attention et nous dit : « souffrance, dépression, tremblements, essoufflements de toute turbulence les manifestations ».

COMMENT, si la maladie peut être le résultat de la fragilité de l’esprit, la pratique du yoga peut elle nous conduire à réaliser un état de tranquillité mentale ? 

Le yoga nous invite à habiter pleinement notre corps, en y maintenant une attention particulière. C’est en cela qu’il constitue un excellent support qui peut répondre à cet indispensable ancrage de l’esprit dont nous avons tous besoin pour nous maintenir en bonne santé. Nous avons tous fait cette expérience d’observation de notre mental qui nous entraîne, tel un fleuve en furie, vers des pensées que nous ne sommes pas toujours capable de contrôler et qui nous ramènent sans cesse soit vers le passé, soit vers un futur, autrement dit vers rien concernant le présent. Et qui parfois crée de toutes pièces un malaise émotionnel hors réalité présente. 

Dans le troisième chapitre des yoga sutras, Patanjali traite des effets du yoga et plus précisément ceux qui suivent les exercices appelés « samyama » : conjonction d’une concentration parfaite, qui produit un état d’unité fluide et aboutit vers l’expérience d’intégration totale. 

Habiter son corps,  le sentir de l’intérieur, sentir la vie qui nous anime, nous permet de découvrir notre vraie nature, cet Être stable et immuable qui nous habite. Cependant, tant que notre mental « animé d’égo » et son incessant bavardage futile s’approprie toute notre attention, nous sommes coupés de notre vraie nature.  Celle-là même qui constitue l’essence invisible que l’on peut appréhender seulement lorsque notre mental s’est tu.  

Pour explorer cette direction de la santé profonde, de l’ancrage avant l’extase , je vous propose de vous entraîner à diriger votre attention vers votre corps en commençant par un des trois grands lieux importants qui correspondent aux trois feux de la médecine âyurvédique : l’abdomen, le thorax et la gorge.

L’abdomen sera donc le point de départ privilégié pour nos premières séances d’exploration intérieure. 

L’ombilic, au point de départ qu’est la conception, est le lien qui relie à la vie et demeure le centre originel. C’est ce centre que Patanjali nous propose d’étudier pour nous découvrir progressivement. (Aphorisme 29 du 3èmelivre des Yoga Sutra).

Patanjali nous dit que pratiquer le « Samyama » sur le nombril donne la connaissance des divers organes du corps et de leur disposition. Selon l’application thérapeutique du yoga, le nombril est considéré comme le siège de certaines forces physiques et un très grand nombre de problèmes de santé physique, associés à des difficultés psychologiques (tumultes, dépression, etc.) sont conjoints à des troubles du métabolisme. « Le ventre, notre deuxième cerveau ». Selon le yoga, il existe un lien puissant entre l’ingestion, la digestion, l’assimilation et les déséquilibres psychiques ou le sentiment d’insatisfaction morale. Les rapports sont interactifs, et ce qui ne fonctionne pas correctement d’un côté est ressenti aussitôt sur l’autre. Notre ventre, extraordinaire écosystème bactérien en symbiose avec notre organisme, joue donc un rôle majeur dans nos émotions, dans notre mental.

Cette exploration intérieure de votre ventre sera conduite avec douceur et décontraction, pour vous permettre au fil des séances d’y pénétrer avec la subtilité du souffle et du mouvement. Parfois à l’aide de métaphores, je vous inviterai à le visualiser telle une maison, pour vous en faire une idée du degré d’ordre ou de désordre, pour y visiter chacun des étages. Ou encore à le visualiser comme une éponge, puisque composé à 70% d’eau, notre corps est comme un océan ou une mère intérieure avec son flux et son reflux. Une éponge ou plutôt des éponges qui paraissent dans certains lieux plus tendues, plus lourdes, plus pesantes, où le flux a plus de difficulté à se diffuser.  La suite sur votre tapis dès demain… 

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